Deux millions d’unités résidentielles en Syrie d’ici 2035 : comment la carte de l’investissement immobilier va-t-elle changer ?

2026-10-13

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Deux millions d’unités résidentielles en Syrie d’ici 2035 : comment la carte de l’investissement immobilier va-t-elle changer ?

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Le marché immobilier en Syrie fait face à une équation sans précédent : un stock résidentiel estimé à environ 4,25 millions d’unités, dont près de 1,32 million ont été endommagées à des degrés divers, et un déficit de logements qui atteindra environ 1,9 million d’unités en 2025, susceptible de s’élargir à 2,5 millions d’unités d’ici 2030 si l’offre ne s’accélère pas. Parallèlement, le ministère des Travaux publics et du Logement a annoncé un objectif de production et de réhabilitation d’environ deux millions d’unités résidentielles d’ici 2035.

Ces chiffres ne décrivent pas seulement une crise du logement, mais dessinent les contours de la prochaine phase du développement immobilier : quelles zones vont s’étendre, quels types de projets vont émerger, et où se dirigeront les partenariats entre l’État et les promoteurs. La question qui intéresse l’acheteur et l’investisseur n’est pas la taille du déficit en soi, mais : comment le déficit de logements en Syrie peut-il se transformer en une décision d’achat réfléchie, et que faut-il vérifier avant de l’adopter ?

Le déficit de logements en Syrie en chiffres : que révèlent les indicateurs officiels ?

Réponse courte : Les autorités officielles estiment le déficit de logements en Syrie à environ 1,9 million d’unités en 2025, avec une possibilité d’augmentation à 2,5 millions d’unités d’ici 2030 selon un scénario de maintien du rythme actuel de l’offre. Ces estimations ont été annoncées par le vice-ministre des Travaux publics et du Logement chargé de la planification et des études, Imad Al-Masri, dans des déclarations à l’agence SANA en septembre 2026.

Indicateur

Valeur

Année

Source

Signification du chiffre

Stock résidentiel

Environ 4,25 millions d’unités

Estimations de base

Ministère des Travaux publics et du Logement via SANA

Taille de la base sur laquelle sont mesurés les dégâts et les besoins

Unités endommagées

Environ 1,32 million d’unités

Estimations de base

Même source

Près d’un tiers du stock (environ 31 % selon calculs rédactionnels) nécessite une réhabilitation ou une reconstruction

Déficit de logements

Environ 1,9 million d’unités

2025

Même source

Différence entre le besoin et l’offre habitable

Déficit prévu

Jusqu’à 2,5 millions d’unités

2030

Même source

Scénario conditionné à l’absence d’accélération de l’offre, et non une fatalité

Objectif gouvernemental

Production et réhabilitation d’environ deux millions d’unités

Jusqu’en 2035

Même source

Objectif d’un programme national, et non un accomplissement réalisé

Effet de l’objectif

Réduction du déficit de plus de 70 %

Jusqu’en 2035

Même source

Signifie qu’une partie du déficit subsistera même si l’objectif est atteint

Le tableau montre qu’une grande partie du problème se situe à l’intérieur du stock existant et non à l’extérieur ; les unités endommagées à elles seules représentent près d’un tiers des logements existants. Cela explique pourquoi le plan ne se limite pas à la construction neuve, mais inclut également la réhabilitation et la reconstruction.

Le besoin en logement n’est pas la même chose que la demande solvable

L’un des aspects les plus négligés dans la couverture médiatique est que le déficit de logements mesure le besoin en logement, et non la demande réelle solvable. Une famille peut avoir besoin d’un logement sans avoir le pouvoir d’achat ou le financement nécessaire pour acheter, et peut recourir à la location, à l’habitat partagé ou à la rénovation d’une maison endommagée.

Le volume du déficit est donc un indicateur de l’ampleur potentielle du marché à long terme, mais il ne détermine pas à lui seul quelles gammes de prix connaîtront une demande, ni où elle se concentrera. Cette différence devient d’autant plus importante que la demande est liée au mouvement de retour ; SANA a rapporté des données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés indiquant le retour de plus de 1,7 million de Syriens de l’étranger entre décembre 2024 et avril 2026, ainsi qu’environ 1,97 million de déplacés internes, la difficulté d’accès au logement étant le principal obstacle au retour.

Comment la Syrie prévoit-elle de traiter deux millions d’unités résidentielles d’ici 2035 ?

Réponse courte : Le ministère s’appuie sur quatre axes parallèles : achever les projets existants et en difficulté, réhabiliter les logements réparables, reconstruire les logements endommagés et augmenter l’offre nouvelle selon la demande réelle dans chaque gouvernorat.

Il est important de lire attentivement l’expression « production et réhabilitation » : les deux millions d’unités ne signifient pas deux millions de nouvelles unités, mais un mélange d’unités construites à partir de zéro, d’unités existantes réhabilitées et d’autres achevées après interruption. La part de chaque axe dans le chiffre global n’a pas encore été annoncée.

Axe

Signification pratique

Impact potentiel sur le marché

Achèvement des projets en difficulté

Finalisation des projets arrêtés et livraison des unités prêtes

Offre pouvant entrer sur le marché plus rapidement que les nouveaux projets

Réhabilitation des logements réparables

Remettre les unités existantes en usage

Allège la pression sur les loyers dans les quartiers partiellement endommagés

Reconstruction des logements endommagés

Traitement des unités dont la rénovation est insuffisante

Peut ouvrir des opportunités de redéveloppement dans certaines zones

Augmentation de l’offre nouvelle

Projets et communautés urbaines modernes

Change la nature de l’offre vers des complexes intégrés

Les déclarations officielles indiquent que l’Office public du logement poursuit le traitement des projets arrêtés et accélère la livraison des unités prêtes dans la banlieue de Damas, Homs, Hama, Lattaquié, Tartous, Alep et Deir ez-Zor. Parmi les exemples annoncés figure la livraison de 240 appartements dans le cadre du projet « Dhi Qar » pour le logement des jeunes à Hama.

De l’unité résidentielle à la communauté urbaine intégrée

Le changement le plus marquant du plan est la transition vers des « communautés urbaines intégrées » qui combinent habitat, services, infrastructures éducatives et commerciales, et sont reliées aux réseaux routiers et de transport. Parmi les modèles cités par le ministère figurent le projet « Abiyat Hills » dans la banlieue de Qudsaya avec environ 2 000 unités, le « complexe urbain moderne » à Al-Baja avec environ 20 000 unités, et le projet Cham View entre Qudsaya et Dummar, dont la taille résidentielle dépasse 7 500 unités dans un complexe à usage mixte.

La différence entre l’annonce et la mise en œuvre reste déterminante ; la réussite de ces projets dépend du fait que les infrastructures et les services précèdent le processus de logement, comme l’ont souligné les experts interrogés par SANA.

Que signifie le déficit de logements pour l’avenir de l’investissement immobilier en Syrie ?

Réponse courte : Le déficit signifie que le marché va vers une expansion de l’offre organisée, mais les opportunités ne seront pas égales ; la rentabilité de tout investissement dépendra de l’emplacement, du pouvoir d’achat de la région, de la qualité du promoteur et du rythme d’exécution, et non seulement du déficit national.

Les nouveaux projets résidentiels

Avec l’orientation de l’État vers les communautés intégrées, l’écart devrait se creuser entre les projets organisés dotés de services et les bâtiments traditionnels dispersés. L’opportunité réside ici dans les unités qui répondent aux besoins du marché : organisation urbaine, services de proximité, titres de propriété clairs. Ce qu’il faut étudier : la capacité du promoteur à livrer, et l’état réel des infrastructures environnantes, et non seulement sur plan.

Les biens immobiliers en construction

L’achat en phase de construction permet souvent d’entrer à un prix inférieur et avec des plans de paiement échelonnés, ce qui convient à l’investisseur à moyen terme. Il est possible de consulter des exemples de biens immobiliers en construction en Syrie pour comparer les emplacements et les plans de paiement. Risques : retards de livraison, et possibilité d’arrivée d’une offre concurrente importante dans la même zone avant l’achèvement du projet.

Les complexes résidentiels intégrés

Ces complexes combinent logement et opportunités de location pour les familles de retour et les expatriés recherchant un environnement organisé. À étudier : les frais de services et de gestion après livraison, et le niveau d’achèvement des équipements promis.

Les biens commerciaux et administratifs

L’impact de l’expansion urbaine ne se limite pas au logement ; chaque nouveau complexe résidentiel génère une demande pour les commerces, les bureaux et les services. À Damas en particulier, une partie de la demande se dirige vers les espaces de bureaux modernes, comme dans Bureaux à vendre à Marota City dans le projet Park Lane, un projet commercial et de bureaux indépendant qui ne relève pas du plan gouvernemental de logement. À étudier : le niveau réel d’activité économique autour du bien, et les taux d’occupation dans les bâtiments similaires.

L’emplacement et le pouvoir d’achat

Le facteur décisif dans tout ce qui précède est l’adéquation entre le prix du bien et le revenu de la cible régionale. Un excellent projet dans une zone à faible pouvoir d’achat peut connaître une lenteur de vente ou de location, quel que soit l’ampleur du déficit local de logements.

Le partenariat avec le secteur privé : les projets immobiliers entrent-ils dans une nouvelle phase ?

Réponse courte : Oui, au niveau de l’orientation annoncée ; le ministère s’appuie sur un financement qui combine investissements publics, secteur privé, partenariats d’investissement et investissement étranger, mais l’impact réel sera visible avec la mise en œuvre effective des accords.

Le principal modèle de partenariat annoncé repose sur le fait que l’État fournit le terrain et que l’investisseur développe le projet et les infrastructures, comme pour « Abiyat Hills » sur les terrains de l’Office public du logement. Ce modèle permet d’augmenter l’offre sans faire peser l’intégralité du coût sur le budget de l’État.

À plus grande échelle, le Fonds souverain syrien et le groupe émirati « Arada » ont signé en août 2026 un accord pour la réalisation du projet « Nouvelle Damas » d’une valeur d’environ 7 milliards de dollars, comprenant 11 000 unités résidentielles. En octobre 2026, la signature de l’accord Eagle Hills pour le développement du projet Tlal Damas et d’un projet touristique à Lattaquié.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’acheteur ? Trois points :

  • Une plus grande diversité de choix entre appartements, villas, maisons en rangée et unités à usage mixte.

  • Des normes de concurrence plus élevées en matière de planification, de finition et de gestion des complexes.

  • Nécessité de distinguer entre un projet dont l’accord est signé et un projet effectivement lancé avec des unités proposées à des prix et des calendriers de livraison clairs.

Où peuvent se concentrer les opportunités d’investissement immobilier en Syrie ?

Réponse courte : Les données officielles indiquent une activité notable à Damas, dans la banlieue de Damas, à Homs et à Alep, avec des différences selon les gouvernorats. Le tableau suivant ne classe pas les gouvernorats selon la rentabilité, faute de données comparables, mais illustre la nature des opportunités et les points à vérifier.

Région

Types d’opportunités immobilières

Facteurs influençant la demande

Points à vérifier

Damas

Appartements dans des projets organisés, bureaux et espaces commerciaux

Concentration des affaires et des services, grands projets annoncés à l’ouest de la ville

Prix au mètre carré par rapport aux projets voisins, statut du permis

Banlieue de Damas

Complexes résidentiels neufs, unités à prix d’entrée plus bas

Proximité des grands projets de la capitale (Qudsaya, Al-Baja)

Disponibilité des routes et services, délais de livraison réels

Homs

Achèvement de projets existants, projets à usage mixte

Relance de l’expansion ouest à Al-Waer (5 436 unités), projet « Boulevard Al-Nasr »

Phase d’exécution, statut des associations et des lots

Alep

Complexes résidentiels, réhabilitation et reconstruction

Ampleur des dégâts et besoins des rapatriés

Sécurité des bâtiments existants, clarté de la propriété

Les personnes intéressées par la capitale peuvent consulter les biens à vendre à Damas pour comparer les projets et les surfaces.

Il est à noter que la Banque mondiale, selon SANA, a estimé le coût de la reconstruction des actifs matériels en Syrie à environ 216 milliards de dollars, avec une concentration des dégâts à Alep, dans la banlieue de Damas et à Homs. La concentration des dégâts signifie un besoin concentré, mais pas nécessairement une demande solvable concentrée.

Le déficit de logements entraînera-t-il une hausse des prix de l’immobilier en Syrie ?

Réponse courte : Pas nécessairement. Le déficit de logements exerce une pression sur la demande, mais la direction des prix de l’immobilier en Syrie dépend de l’interaction de plusieurs facteurs, et ne peut être déduite du seul volume du déficit.

  • Offre et demande : le manque d’offre soutient les prix lorsqu’il est confronté à une demande solvable, et pas seulement à un besoin.

  • Pouvoir d’achat : la faiblesse des revenus limite la demande réelle à certaines gammes de prix et réduit l’impact du déficit sur les segments supérieurs.

  • Coûts de construction : les prix des matériaux de construction et de l’énergie déterminent le prix plancher d’une nouvelle unité.

  • Financement immobilier : la rareté des prêts immobiliers maintient la demande dépendante des paiements comptants et des plans de paiement des promoteurs.

  • Nouvelle offre : l’arrivée de milliers d’unités dans des zones spécifiques peut équilibrer ou faire baisser les prix localement.

  • Emplacement et services : l’écart de prix s’élargit entre les quartiers bien desservis et ceux qui le sont moins, même au sein d’une même ville.

En d’autres termes, certains emplacements dotés de services et d’une forte demande peuvent connaître une pression à la hausse, tandis que d’autres zones resteront stables ou verront leurs prix baisser avec l’augmentation de l’offre. Une décision judicieuse doit être basée sur une comparaison locale, et non sur une tendance nationale générale.

Comment choisir une opportunité d’investissement immobilier adaptée en Syrie dans la prochaine phase ?

Réponse courte : Commencez par définir votre objectif, puis vérifiez la propriété, le permis et le promoteur, et comparez le prix, l’emplacement et le plan de paiement avant de vous engager.

  1. Définir l’objectif : habitation, location, revente ou activité commerciale ; chaque objectif a ses propres critères en termes d’emplacement et de surface.

  2. Vérifier la propriété et les permis : type de titre, statut réglementaire du bien, permis de construire.

  3. Évaluer le promoteur immobilier : historique des projets livrés, respect des délais précédents.

  4. Comparer le prix au mètre carré : avec des projets similaires dans la même zone, en tenant compte du niveau de finition et des services.

  5. Étudier l’emplacement et les services : routes, transports, électricité, eau, écoles, tels qu’ils existent aujourd’hui.

  6. Examiner le contrat et le plan de paiement : calendrier des paiements, conditions de retard, garanties, et ce qui se passe en cas de retard du projet.

Critère

Bien prêt à l’usage

Bien en construction

Prix

Généralement plus élevé

Généralement plus bas à l’achat anticipé

Mode de paiement

Paiement unique ou échelonnement limité

Plans d’échelonnement plus longs généralement

Utilisation ou location

Immédiate

Après livraison

Principaux risques

État du bâtiment et coûts d’entretien

Retard de livraison ou changement de spécifications

Niveau de visibilité

Ce que vous voyez est ce que vous achetez

Dépend des plans et de l’engagement du promoteur

Convient à

Ceux qui souhaitent habiter ou obtenir un revenu locatif rapide

L’investisseur à moyen terme avec une liquidité fragmentée

Il n’existe pas de choix meilleur en absolu ; le bien prêt à l’usage réduit l’incertitude, tandis que le bien en construction permet d’entrer sur le marché avec un budget fragmenté, mais avec des risques d’exécution plus élevés.

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Le déficit de logements en Syrie et le plan de traitement jusqu’en 2035 ouvrent une nouvelle phase sur le marché, mais c’est une phase qui récompense la décision réfléchie, pas précipitée. Dans un marché où les projets se multiplient et où la qualité varie, l’accès à des informations précises et à des comparaisons claires devient une partie essentielle de l’investissement lui-même.

L’équipe d’Imtilak Immobilier vous aide à explorer les biens et projets disponibles à Damas, dans sa banlieue, à Alep et à Homs, à comparer les emplacements, les surfaces et les prix, à comprendre les options de paiement disponibles et à choisir le bien qui correspond à votre objectif, qu’il s’agisse de résidence, de location ou d’investissement à long terme.